DISCIPLINE OU AMOUR?
“Les danseurs sont seuls artistes qui respectent tant leur art qui continuent à prendre des cours toute leur vie”
Phrase qui est entrée dans la chair de ma mémoire comme une flèche, pour ne jamais sortir. Dit par l’ami Julio Pardo, compositeur et musicien.
En tant que “ danseuse classique” je connais le “devoir absolu” de prendre son cours quotidien, donc cela ne m’a pas marqué par la nouveauté de l’énoncé, mais pas la nuance inespérée: le respect de son art.
Quiconque a été ou a essayé d’être un danseur sait de l’injonction sur “la classe”, “le cours” , “la barre” en tant qu’obligation quotidienne . Je cite la phrase sans me rappeler à qui elle appartient : “Si je ne prends pas le cours de danse un jour, mon corps le ressens, si je ne prends pas le cours deux jours, le public le ressent”
C’est ainsi que nous sommes biberonnés à la discipline, et aussi à la culpabilité d’arrêter, de prendre trop de repos.
Mais au-delà de la notion de régularité, indispensable à toute activité physique sérieuse, la phrase de l’ami apporte quelque chose de nouveau : le fait que ce cours hebdomadaire est donné par un “maître de ballet”, professeur, l’équivalent d’un coach en sport. Celui reste autorité pour l’artiste, quel que soit son niveau. Même les plus grands danseurs étoiles , comme les champions, ont leur maître de danse.
Ils se soumettent humblement tout au long de leur vie artistique à ce regard extérieur, expert del “maestro” avec qui ils continueront à peaufiner leur art tant que possible.
Ceci a été l’évidence dans le monde du ballet pendant des siècles. Aujourd’hui cette idée de perfectionnement permanent, de “coach”, d’amélioration et de recherche d’excellence est passée dans bien d’autres domaines.
Mais surtout , ce qui me touche le plus dans le commentaire de Julio est le brin d’amour que ça dénote: “Ils respectent tant leur art”, c’est à dire, ils l’aiment.
Peut être que la discipline, c’est finalement et au bout du chemin, de l’amour au quotidien.
Cecilia Pascual Septembre 2023






