Anatomie d’un instant de tango argentin

Anatomie d’un instant de tango argentin:

Que se passe-t-il quand un danseur guide et l’autre suit?

On laisse de côté la question de si c’est l’homme qui guide et la femme qui suit : n’importe qui peut guider ou suivre, on parle dès nos jours plus amplement de “leader” et “follower”.

Si vraiment le “leader” guide et le “follower” suit…. C’est à dire, s’ils ne font pas semblant, s’ils prennent le risque de l’incertitude:

  • Celui qui guide, se jette au néant de la page blanche d’un mouvement instantané qui n’existe pas encore.
  • Celui qui suit s’ouvre à la surprise du mouvement proposé par son partenaire de danse.

Guider ou suivre vraiment.

J’insiste, parce qu’on peut avoir la sensation de le faire, croire qu’on guide et qu’on suit, mais puisqu’on connaît tous les pas, les enchaînements possibles , les habitudes de l’autre…on finit par faire les choses de façon mécanique.

Le tango argentin nous donne la liberté absolue de combiner les mouvements mais qui ose se servir de cette liberté?

  • Parce qu’en tant que leader on est forcément limité en connaissances, ou en hardiesse…
  • Et en tant que “follower” , on peut suivre de façon machinale, parce qu’on attend ce qu’on connaît déjà et on circule avec la liberté d’un tram sur ses voies toutes tracés, donnant l’impression au « leader » que c’est presque le « follower » qui décide.

Mais…..si on prend vraiment le risque : celui de l’attente, de l’ouverture, de l’écoute. Si le “follower” écoute le minime battement d’ailes du papillon, si le “leader” s’étonne face aux propres mouvements qui jaillissent….

Guider et suivre sont deux expériences qui appartiennent presque à deux planètes différentes.

Mais dans les deux cas j’ai trouvé un trait en commun : une augmentation de la lucidité, de la conscience, de la netteté du vécu de l’instant présent.

Un peu comme une photo qui gagnerait des pixels de netteté au-delà de la clarté habituelle.

Un rafraîchissement de l’éveil, un état d’âme jeune , reposé, nouveau né.

Voilà pourquoi je vous avoue qu’en tant qu’amoureuse du tango argentin je suis imperméable aux attraits du yoga et à la séduction de la méditation en pleine conscience.

Alors danser le tango équivaut …

  • à mettre les compteurs à zéro,
  • à démarrer la journée à n’importe quelle heure,
  • à se rafraîchir l’esprit,
  • à sortir d’un instant qui est comme une fontaine de jouvence,
  • à émerger ruisselant de l’eau du renouveau!
  • et…Viva el tango!

Cecilia Pascual 15 septembre 2023

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Merci Marcos-mayer pour l’image.

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